jeudi 14 août 2008

Mode Protection

Après le choc, la convalescence.
Jour après jour, je me soigne. Si je compte sur la médecine pour soigner mon corps, je n’ai pas attendu longtemps pour m’astreindre à une hygiène intellectuelle, presque quotidienne. Ce remède personnel vise à soulager et à prévenir toute baisse de moral. Il est de composition simple : recherches, lectures, écritures, réflexions, échanges avec des amis et des personnes de confiance.
Si le corps reprend des forces, il conserve une empreinte indélébile visible sur une simple radiographie. L’esprit est également marqué même si ce n’est pas visible par un simple regard. Ce n’est pas une cicatrice ni une ligne de fracture. Ce ne sera pas un point synonyme de faiblesse locale. J’en ai voulu autrement. L’épreuve n’est pas, et ne sera pas, intellectuellement douloureuse grâce à ce traitement psychique que je me suis prescrit. Ce sera de l’expérience gagnée, une force.

Nicolas Machiavel (Florence, 1469- 1527) partait du principe qu’il faut exploiter la situation pour imposer des changements profonds, rapides et irréversibles à une société éprouvée par un désastre. Le théoricien italien de la guerre et de la politique considérait le choc comme le moment idéal pour échapper durablement à la tyrannie du statu quo.
Il suffirait d’une simple variation sur ce thème pour amorcer un grand changement dans ma vie. Mais il me paraît trop facile d’encourager le fatalisme et de justifier ainsi des mesures rigoureuses. Aucune métaphore liée à la maladie ne serait ici innocente car je ne suis pas malade mais sur un chemin du rétablissement. Diderot faisait d’ailleurs dire à Jacques (le Fataliste) : « faute de savoir ce qui est écrit là-haut, on ne sait ni ce qu’on veut ni ce qu’on fait, et qu’on suit sa fantaisie qu’on appelle raison, ou sa raison qui n’est souvent qu’une fantaisie qui tourne tantôt bien, tantôt mal ». Mes lectures me montrent à quel point la notion de choc est contradictoire avec des notions intemporelles auxquelles je suis attaché.
Les principes qui me guident sont le perfectionnement personnel et une défense des valeurs éthiques auxquelles je crois. Ce perfectionnement passe par des phases de méditation, dans le silence.



Inspirations de « bonnes » lectures :
  • The Shock Doctrine – Naomi Klein – Actes Sud
  • Jacques le fataliste et son maître – D. Diderot – Folio Classique
  • Vendredi ou les limbes du Pacifique - M. Tournier – Folio
  • Le Troisième Jumeau – Ken Follet – Poche
  • L'élu - Le fabuleux destin de George W. Bush, sa vie, son œuvre, ce qu'il laisse au monde… - Frédéric Lenoir et Alexis Chabert – Vent des savanes

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